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Guérandi Mbara kidnappé et exécuté par les «services spéciaux» de Paul Biya ?

Capitaine Guerandi Mbara
par JM Soboth
 
Vie et mort du globe-trotter de l’ethnie Toupouri issu de l’école de guerre de Hambourg, ennemi du régime de Yaoundé.

1. Guérandi Mbara : suite et fin de parcours ?

Au cours d’une émission de RFI (Radio France Internationale) hier, samedi 13 septembre 2014 à Paris, l’emblématique directeur de la rédaction du panafricain Jeune Afrique, François Soudan, annonce la nouvelle-surprise qui bouleverse tant de Monde en Afrique et en Europe. L’ancien officier de l’armée camerounaise Guerandi Mbara Goulongo, exilé depuis juin 1984 à Ouagadougou au Burkina Faso, aurait été «liquidé physiquement» - ou serait détenu - suite à une opération compliquée des services spéciaux camerounais. L’information fait la Une de l’hebdomadaire ce jour 14 septembre 2014.
 
Voici les premiers éléments de l’enquête réalisée par le journaliste Georges Dougueli sur ce proche du président du Faso Blaise Compaoré resté sans nouvelle depuis, et dont les derniers signes de vie avec ses proches remontent à 2012.
 
Cette année-là, il séjourne en région parisienne pour régler quelques affaires personnelles et prendre des contacts. Deux années plus tôt, il était apparu pour la première fois dans une assemblée de Camerounais organisée à Howard University à Washington D.C., en l’occurrence une convention de la Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC), tenue en juillet 2010. Le célèbre journaliste camerounais, Pius N. Njawe y a d’ailleurs trouvé la mort dans des conditions non encore élucidées.
 
C’est que, en vue d’une transaction sur le matériel de guerre, Guerandi Mbara est contacté, fin 2012, par un certain José Alberto Fernandes. C’est ancien officier supérieur de l’armée portugaise vivant à Yaoundé. Ce dernier est censé conclure avec lui une transaction sur des armes russes. En fait, Guérandi Mbara ne le sait pas. L’ancien officier portugais en question vit à Yaoundé. Il agit au compte de la DGRE (Direction Générale de la Recherche Extérieure), le service de contre-espionnage camerounais, qui, manifestement, a entrepris une opération homo sur instruction du chef de l’État Paul Biya contre ce rare rescapé du putsch manqué du 06 avril… 1984 contre son régime.
 
Tout se serait passé dans un jet privé loué par le gouvernement camerounais. L’aéronef est censé être celui des faux marchands d’armes qui, soi-disant, le conduisent à Budapest puis à Moscou au départ de Porto, la seconde plus grande ville du Portugal. C’est dans l’avion que l’équipage portugais des faux marchands d’armes maîtrise physiquement l’ex-conseiller du président Blaise Compaoré et lui administre un puissant sédatif. Ils le ramènent directement au Cameroun, vers Douala notamment. D’après Jeune Afrique, le «colis» est livré aux services spéciaux camerounais le 25 janvier 2013 entre les localités de Puma et d’Édéa.
 
Dès lors, nul n’a plus eu de nouvelles de Guérandi Mbara. A-t-il été tué sur-le-champ ou a-t-il été jeté dans un des souterrains de la DGRE à Yaoundé? Cette version est-elle surtout définitive ? Nul ne le sait. Des observateurs avertis affirment que dans le cas d’une incarcération, l’information aurait transpiré. Il aurait donc vraisemblablement été tué par les gros bras des «services» de M. Paul Biya, dans une optique extrajudiciaire. Le piège a bien pu être mis en oeuvre par des faucons du système qui, eux, envisagent déjà la suite du film.
 
Quid du président Blaise Compaoré, son protecteur? On n’en sait rien jusqu’à présent. Beaucoup pensent qu’il a sans doute été «livré» à son homologue camerounais Paul Biya par son «meilleur ami» burkinabé. 
 
Revenons à présent sur la vie de celui que j’ai rencontré pour la première fois à Paris en septembre 1997 et dont j’ai réalisé la toute première interview dans les médias. 

2. Presque trois décennies d’exil dans la discrétion ouagalaise

Installé à Ouagadougou depuis son départ du Cameroun le 5 juin 1984, Guérandi Mbara y est fort peu connu du public et de la presse. C’est là l’un de ses secrets : prudence légendaire. Il s’arme au quotidien d’humilité, de simplicité et de discrétion. L’environnement modeste de l’Afrique de l’ouest l’a façonné Cela lui a permis d’échapper, en trois décennies d’exil, à moult assassinats du type Félix-Roland Moumié à Genève... Il a ainsi pu esquiver des campagnes de dénigrement orchestrées par des politiciens parachutés à Ouaga, ou jaloux du mythe qu’il a toujours représenté aussi bien au sein de l’armée camerounaise que dans le premier cercle du pouvoir militariste burkinabé.
 
 
Écrit par Jean-Marc soboth

Le capitaine Guerandi Mbara