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David contre Goliath au Cameroun: le peuple d'ESU fait encore réculer le ranchero milliardaire Baba Danpullo

Des boeufs de milliardaire Danpullo quittant la ville d'ESUUn troupeau de boeufs traversant les rues d'une petite ville du nord-ouest vers la sortie, sous le regard plein de soulagement des habitants, qui y voient un signe d'espoir, l'espoir de gagner définitivement l'épuisante lutte qui les oppose depuis 30 ans au milliardaire et baron du parti au pouvoir Baba Ahmadou Danpullo (BAD), l'homme qui a été désigné par l’édition africaine du magazine Forbes comme parmi les hommes les plus riches en Afrique au Sud du Sahara, avec une fortune évaluée à plus de 550 milliards de fcfa. Ses investissements s'étendent partout: télécoms (Nextel), immobilier, agro-industrie (Ndu Tea), transport...

Baba Danpullo classé comme l'homme le plus riche d'Afrique Francophone au sud du saharaAutre front de la même lutte, autre spectacle rare au Cameroun, les pouvoirs publiques, sous l'autorité du Préfet, accompagnés d'une impressionante force de Gendarmerie, on procedé à la destruction de nombreuses constructions illégales dans le ranch de l'homme d'affaires, constructions situées dans un périmètre où la justice avait interdit jusqu'à nouvel ordre à toutes les parties de poser tout acte susceptible de modifier la réalité sur le terrain. Mais croyant s'en sortir sans doute comme toujours grâce à ses réseaux de soutient et à son argent, BAD voulait poser des faits accomplis au nez et à la barbe du peuple ESU.

Baba Danpullo avec Paul et Chatal Biya lors d'une foire agro-pastoraleLe troupeau d'environ 500 têtes de boeufs que Danpullo a été obligé de rétirer d'ESU y fut apporté il ya quelques semaines pour s'ajouter aux troupeaux déjà présents dans son ranch. Dans la population les uns y voient un acte de provocation qui était calculé pour les pousser à la violence et ainsi discrediter leur cause et même envoyer certains d'entre eux en prison. Danpullo a utilisé plusieurs fois cette tactique, qui consiste à provoquer des jeunes à des actions irréflechies contre lui, et grâce à la corruption, les faire mettre en prison pour longtemps, pour trouble à l'ordre publique; entre temps il en profite pour pousser ses pions sur le terrain. On comprend que les partisans de cette interprétation se félicitent d'avoir pu obtenir le retrait du troupeau par des moyens pacifiques, notamment par la confiance en l'Etat de Droit qui, pour une fois, ne les a pas trahit. D'autres par contre pensent que l'arrivée du nouveau troupeau participe de la stratégie des faits accomplits sur le terrain, parallèllement à la construction illégale de nouveaux bâtiments à son ranch.

Au Cameroun ce n'est pas tous les jours qu'un "simple" prefet fait mobilise des dizaines de Gendarmes venant de trois villes différentes  (ESU, Wum et Bamenda) pour forcer un multimilliardaire, de surcroit membre du comité central du RDPC à respecter une décision de Justice.

C'est pour cela que les jeunes d'ESU ne cachent pas leur satisfaction. L'un d'eux écrit sur la page facebook dédiée à la résistance contre le milliardaire: "these cattle are leaving Esu. Were these cattle brought in as a provocation to Esu people, to push them to resort to violence? We are very smart people, and despite all odds we will continue to have faith in Justice as we explore every avenue. Like we admitted , the people of Esu - present and future generations will fight for justice everywhere : in Esu, Wum, Bamenda, Yaoundé Or at the ICC. One day, a conscious judge and authority will provide a truthful verdict. Time is a factor, Time brings all changes. BAD will NEVER remain eternally and forcefully on our land preventing poor people from their daily bread. And for those who are on the wrong side: when has evil triumphed over good? May for a very short time."  

Quel est le problème entre Baba Danpullo et le peuple ESU ?

Le FON d'ESU, digne et déterminé à défendre les terres de ses ancêtresEn juillet 1986, BAD avait demandé au Roi, qu'on appelle ici  Fon, d'ESU d'alors feu SM Joseph Meh Buh II de lui accorder un terrain de 10 000 Ha pour pratiquer l'élevage, et en juillet 1987 les autorités traditionelles lui accordèrent un space bien défini conformement à sa demande, mais beaucoup plus modeste.  Mais dès la première année, lors du premier transfer de troupeaux de boeuf sur le nouveau ranch, des propriétaires terriens voisins et des bergers furent forcés de quitter ou de céder une partie de leurs terres.  Alors en octobre 1987 des habitants écrirent des lettres de protestations aux autorités administratives pour exprimer leurs inquiétudes et clarifier leurs positions qui s'articulent, comme aujourd'hui, autour des trois points suivants: ils ne sont en principe pas contre son installation sur le territoire d'ESU, ils réjettent les méthodes brutales et irrégulières par lesquelles il s'approprie des terrains qui ne lui appartiennent pas et ils lui demandent de respecter strictement les limitent du terrain qui lui a été accordé pour la création de son ranch. Au fil du temps Danpullo a transferé plus de 50 000 têtes de bétail de son ranch de Ndawara à ESU et prétend occuper plus de 75% de la surface du petit royaume du nord-ouest, causant un manque cruel de terres cultuvables pour la population qui n'a cessé de s'agrandir.

Une trentaine d'années plus tard, le conflit s'est transformé en guerre ouverte entre le peuple d'ESU soudé autour de son Fon et Baba Danpullo. Les batailles se déroulent aussi bien devant les tribunaux où l'affaire a été reportée plus de 5 fois à ce jour, que sur le terrain. Plusieurs jeunes ESU ont été enfermés ou sont toujours enfermés à la prison centrale de Bamenda pour avoir protesté pacifiquement contre les abus de l'homme d'affaire. Il y a quelques mois un complot avait même été découvert, ourdi par des hommes de main de Danpullo pour accuser le Fon de tentatives d'importation d'armes du Nigeria pour attaquer les institutions du pays, complot qui l'aurait envoyé en prison pour toujours dans le contexte actuel de guerre contre Boko Haram, mais grâce à la vigilence d'un des jeunes impliqués, le complot a échoué. 

Le Samedi 16 avril 2016 une centaine de gendarmes avaient été mobilisés cette fois sur ESU Peole by a sitting to protest against Baba Danpulloinstigation de l'homme d'affaire pour disperser une manifestation et des sittings de jeunes ESU qui protestaient contre un énième agrandissement illégal de son ranch. Pourtant plutôt il est rapporté que le premier ministre Philemon Yang en personne avait conseillé, dans un hôtel de Bamenda, à Baba Danpullo de négocier avec le Fon et le peuple d'ESU au lieu d'user de la force. 

Au fil du temps s'alterneront manisfestations de jeunes et repressions, visites de députés comme ceux du SDF, lettre du MINAT (Ministre d'Administration Territoriale) René Sadi au Gouverneur lui demandant de trouver une solution pacifique entre l'homme le plus riche du pays et une population décidée à ne pas se laisser faire, interventions de missions diplomatiques comme l'Ambassade des USA, intervention d'organisations de défense des droits de l'Homme comme le RHEDAC, arrestations et emprisonnement à Bamenda des community leaders locaux, etc.

La population de la petite ville d'Esu, située dans le département de la Menchum, Région du Nord Ouest, est estimée à environ 40 000 personnes. De son côté Danpullo possède un ranch prospère  à Ndawara (Nord-Ouest), qu'il affecte cependant de plus en plus à la culture du thé (Nde Tea).

Le Fon d'ESU S.M. CHI A CHUO II ainsi que les leaders de la société civile locale, ne manquent aucune occasion de tendre la main à Baba Danpullo, lui rappelant qu'il est le bienvenu pour installer son ranch dans leurs terres, mais à condition de respecter les limites du terrain qui lui avait été accordé 30 ans plus tôt, de renoncer à toute extorsion de terres, bref de respecter les lois de la République. Est-ce trop demander ?

 

Écrit par Roufaou Oumarou

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