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Gabon: échec d'un putsch de Jean Ping prévu pendant l'élection présidentielle (vidéos)

Jean Ping, Mamadou DianePeut-on à la fois participer à une élection présidentielle en tant que principal challenger du président en fonction tout en fomentant un putsch pendant la même élection afin de prendre le pouvoir même au cas où l'électeur serait assez stupide pour ne pas vôter pour vous ? 

C'est de toute évidence le scénario que vient de réveler au Gabon les dernières informations sur l'implication d'un curieux commando de mercénaires ivoiriens d'un nouveau genre auprès du candidat Jean Ping, pour crééer le chao et provoquer une crise post-électorale qui devrait aboutir à la montée sur le trône de l'ancien président de la Commission Africaine.

 Tout commence par un communiqué du Ministère Gabonais de la Défense, publié hier en pleine attente des résultat de l'élection du 27 août 2016, et qui dit que "le Gabon fait l'objet de menaces portant gravement atteintes à la sécurité et à la sureté de l'Etat". C'est le Sécretaire Général du Ministère en personne, Gabriel Mally Hodjoua, qui lit le communiqué à la télévision nationale, et précise que ces ménaces "étaient de trois types: cybercriminelles, atteintes aux données aux caractères personnels et importations illégales de matériels de communication satellitaire et militaire".

 

Les réactions de l'opinion étaient partagées: les uns y voient la confirmation de leur intépretation de l'activisme de Jean Ping qui s'est déclaré vainqueur juste quelques heures après la ferméture des bureaux de vote, sans attendre la proclammation officielle, les autres rejettent avec véhémence ce qu'ils considèrent comme une tentative du régime de crier au faux complot pour masquer une défaite éventuelle d'Ali Bongo et confisquer le pouvoir.

Le scénario est d'autant plus incroyable pour ceux qui sont habitués aux faux complots des régimes africains qu'il est question de d'une application informatique truquée et contenant de faux résultats, PVs, etc pour tromper le public et de "cybercriminels d'ivoiriens chargés d'alimenter l'application et les réseaux sociaux de faux contenus". Le nom d'un hacker ivoirien est même cité: Yeo Sihifowa, qui serait le cerveau des cybercriminels et qui auraient mené "des actions similaires dans d'autres pays de le sous région." Comme autre matériel il parle de la saisie de "téléphones satellitaires de type Iridium, Thuraya et de Motorala compatibles avec les fréquences utilisées par les forces de défense et de sécurité sans qu'aucune demande de fréquence n'ait été officiellement émise devant l'autorité compétente, en l’occurrence, l'Autorité de Régulation des communications Électroniques et des Postes (ARCEP)", matériel "entré illégalement au Gabon" et qui "interfère dans les communications" des forces de défense et de sécurité.

On n'a pas fini de vérifier ces informations que la véritable bombe éclate aujourd'hui. Un Conseiller Spécial du président ivoirien Alassane Ouattara du nom de Mamadi Diané, travaille sécretement et sans mandat du chef de l'Etat ivoirien auprès de Jean Ping, pour l'aider non pas à gagner loyalement l'élection contre Ali Bongo, mais à provoquer le chao, destabiliser le processus électoral et l'Etat du Gabon, et en profiter pour se déclarer vainqueur et prendre le pouvoir.

Le journal panafricain Jeune Afrique publie des transcriptions d'une conversation téléphonique ténue le 29 août entre Jean Ping et Mamadi Diané:

– « Mon frère, comment va ? »
– « Oui, j’ai reçu le papier, on va l’envoyer »
– « Non, non, il y a autre chose, plus important. Il faut que tu réussisses à avoir deux ou trois personnes de la commission électorale qui disent qu’il y a trop de tripatouillages et qui démissionnent »
– « Oui… »
– « Tu comprends, ça va mettre la pagaille totale. Si on peut faire ça ce soir (lundi, veille de la proclamation des résultats, ndlr) , ça va être extraordinaire »
– « OK, merci. »

Quelque heures plus tard c'est la présidence ivoirienne qui publie un commuqué annonçant le renvoie de Mamadi Diané de la présidence. Les mots choisis sont une véritable confirmation du complot: "suite aux informations relatives à l'ingérence de Monsieur Mamadi Diané dans le processus électoral de la République sœur du Gabon, il est  mis fin à ses fonctions de Conseiller Spécial à la Présidence de la République de Côte d'Ivoire, à compter de ce jour. La Présidence de la République condamne cet acte d'ingérence et rassure les autorités et le peuple gabonais qu'elle tient au strict respect de la souveraineté de la République Gabonaise."

Selon divers média ivoirens et gabonais, le nommé Yeo Sihifowa Namogoh, qui est bien de nationalité ivoirienne et âgé de 25 ans, était déjà recherché par les les autorités ivoiriennes pour des faits de criminalités informatiques. Il serait entré au Gabon avec un visa touristique avant les élections.

Bref, nous sommes bien dans un mauvais film d'espionnage, sauf que la réalité a rejoint la fiction et que le principal challenger du président, celui que beaucoup voient déjà comme vainqueur par les urnes, est impliqué dans le complot. Quel autre avenir peut-on lui prédire que derrière les barreaux ? À moins que son complot se réalise, si ses partisans à l'intérieur et à l'extérieur du Gabon décident de passer en force et de le défendre, y compris par la force.

Ainsi le Gabon va voir s'éloigner les chances d'un changement qui n'avaient en réalité jamais existé, car entre Jean Ping et Ali Bongo, on ne peut pas parler de rupture par rapport au système Bongo et par rapport à la Françafrique.

Avec Ali Bongo on observe une évolution certaine vers un autre style de gouvernement, moins paternaliste et plus ambicieux vers ce que le régime appelle l'émergence dans un avenir proche, avec une génération de dirigenats plus jeunes et plus tournés vers l'avenir. Mais ni sur le plan diplomatique, ni sur celui de la rélation à la Francophonie ou à la place des langues nationales du pays dans le paysage culturel et intellectuel, et encore moins sur celui de l'intégration africaine on ne devrait s'attendre à une révolution. Pour rappel, le Gabon était membre du conseil de sécurité de l'ONU au moment de la guerre en Lybie et il avait voté pour la résolution qui a légitimé l'intervention militaire de l'OTAN qui a abouti à l'assassinat de Kaddafi et à la destruction de la Lybie, en violation des décisions de l'Union Africaine qui était contre toute intervention militaire extérieure.

Jean Ping n'est pas l'homme de la rupture non-plus, lui qui ne râte aucune occasion d'exprimer sa fidélité aux liens avec la France. Il a été un proche collaborateur de Bongo, il n'a jamais rien contesté ni sur le plan intérieur ni sur le plan de la politique extérieure. Sa promesse, c'est aussi un changement dans la continuité du système.

Alors dans une configuration comme celle-là, ce qu'on peut souhaiter de mieux au peuple gabonnais, c'est que son choix dans les urnes soit respecté et que l'élection se passe dans la paix. Or c'est précisement cette paix civile si précieuse que Jean Ping a voulu interrompre et plonger le pays dans l'inconnu d'une crise post-électorale imprévisible. "Tu comprends, ça va mettre la pagaille totale", lui dit Mamadi Diané, et il répond "OK, merci." Tout simplément CRIMINEL de la part de celui qui veut dévenir président de la République.


 

Écrit par Roufaou Oumarou

Le capitaine Guerandi Mbara