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Mr. Sarkozy, vous êtes bel et bien co-responsable de la sanglante déstabilisation du Sahel!

Sarkozy responsable de la déstabilisation de la Lybie09/10/2016 | Roufaou Oumarou 

"Mais c’est faux ce qu’il dit !", c'est Nicolas Sarkozy qui parle, et "il" c'est le chef de l'Etat tchadien Idriss Déby. Ce dernier avait affirmé que la coalition internationale qui attaqué la Lybie et assassiné Kaddafi porte une grande responsabilité dans le chao actuel et dans la destabilisation du Sahel.

Dans une interview à RFI, Sarkozy s'était montré particulièrement piqué qu'on lui rappelle une fois de plus sa responsabilité personnelle dans la décision d'attaquer la Lybie auprès des grandes démocraties comme le Qatar, l'Arabie Saoudite et le Sudan.

Le président Déby, qui connait bien de quoi il parle puisque depuis 2011 l'armée tchadienne a été forcée intervenir plusieurs fois pour tenter de stopper les Djihadistes au Sahel (Mali, Niger, Tchad, Nigeria, Nord du Cameroun), n'avait jamais caché qu'il tient les responsables politiques occidentaux, Sarkozy en tête, comme pleinement co-responsables de la destruction de la Lybie et de la destabilisation de toute la zone sahélienne.

La question qui a été posée à Sarkozy sur RFI est: "ce que disent plusieurs chefs d’Etat africains, notamment le Tchadien Idriss Déby –vous parliez du Tchad- c’est qu’en 2011, lors de la chute du colonel Kadhafi, vous n’avez pas fait « le service après-vente » (c’est l’expression d’Idriss Déby), vous avez laissé des milliers de combattants surarmés affluer au Nord Mali, d’où la prise de Tombouctou en avril 2012 ".

Réponse de Sarko: "moi, je ne polémique pas avec Idriss Déby. Je suis toujours prêt à recevoir des leçons de qui vous voulez. Je ne suis pas sûr qu’il soit tout à fait le mieux placé pour en donner, mais enfin c’est certainement un autre sujet. Mais c’est faux ce qu’il dit ! Parce que « service après-vente », même si je n’aime pas cette expression, je rappelle que l’intervention en Libye a eu lieu avec un mandat international de l’ONU et l’accord de la Ligue arabe. La guerre est gagnée. « Service après-vente », il y a eu des élections, l’oublie-t-il ? Elections libres. Quel taux de participation : 60%. Qui les gagne : les modérés. Cette élection a lieu en juillet 2012. Je suis parti en mai 2012. C’était donc à moi de m’en occuper après ? La vérité, c’est que ce fut une grave erreur de la communauté internationale et de la France de laisser tomber la Libye avec les résultats que l’on sait."

Les Tchadiens ont réagi immédiatement hier par la voie de Jean-Bernard Padaré, porte-parole du président Déby, « monsieur Sarkozy ne peut sérieusement contester les propos du président Idriss Deby. Quoique monsieur Sarkozy dise, il a une part importante dans le désordre sécuritaire que ce pays et ses voisins de la bande sahélienne vivent en ce moment. L’histoire nous dira s’il est intervenu pour la cause de la démocratie ou pour des motifs, j’allais dire des intérêts, inavoué. Au lieu de prendre de haut le président Idriss Deby Itno, il doit plutôt présenter ses excuses à l’Afrique qui a payé un lourd tribut [à] une intervention irréfléchie ».

En réalité on n'a pas besoin d'attendre le jugement de l'Histoire pour dire avec certitude que la France de Nicolas Sarkozy et les autres puissances occidentales se fichaient pas mal des causes comme celles de la démocratie, des droits de l'homme ou de l'Etat de droit. Ils avaient un agenda caché: détruire la révolution lybienne de 1969 qui avaient renversé la féodalité qui avait expulsé les soldats et les coopérants anglais et modernisé la Lybie, éliminer l'exemple de révolution contre les monarchies arabes artificielles que constituaient en permanence le régime de Kaddafi, éliminer un Kaddafi qui n'a jamais hésité à soutenir les mouvements de libération dans le tiers-monde (ANC, Cuba, etc), établir une dictature islamiste sur les modèles du Qatar et de l'Arabie-Saoudite, mettre la main sur les richesses du pays et accésoirement détruire la preuve que Sarkozy s'est fait financer illégalement par Kaddafi pendant ses campagnes électorales.

Il n'est pas compliqué de montrer que la démocratie et les droits de l'homme n'avaient aucune place dans leurs calculs:

  1. Les pays de l'OTAN et la France avaient pour alliés des pays comme le Qatar, l'Arabie Saoudite et le Sudan (les deux premiers ayant comme d'habitude stupidement payé en plus au plus fort tous les frais de la campagne militaire). Il faut prendre les gens pour des démeurés pour oser parler de démocratie, de protection des civiles ou des droits de l'homme avec de tels alliés.
  2. Sur le terrain les milices rebelles auxquelles la France et l'OTAN fournissaient la couverture aérienne étaient des milices ouvertement djihadistes et salafistes, et ce fait était bien connu aussi bien des occidentaux que de leurs alliés arabes. Comme aujourd'hui en Syrie.
  3. Partout en Lybie les communautés noires et les immigrés (en situation régulière ou non) d'origine sud-saharienne étaient victimes d'horribles exactions, allant des tortures aux exécutions sommaires, esclavagisation, viols des femmes, etc de la part des milices anti-kaddafi. Jusqu'aujourd'hui il n y a jamais eu ni enquêtes, ni sanctions. La situation des femmes s'est dégradée au niveau de ce qui se passe en Arabie Saoudite.
  4. Sarkozy a le culot de parler d'election "libre" en 2012 alors que dès la fin de 2011 l'Etat lybien n'existait plus, que ses alliés djihadistes rejettent catégoriquement la démocratie et que ce sont ces djihadistes qui avaient pris le pouvoir dans presque tout le pays et enfin que le pays n'a jamais disposé d'infrastructures civiles permettant de tenir des élections libres et démocratiques.

Jusqu'aujourd'hui ni Sarkozy ni les autres pays de l'OTAN n'ont présenté au monde comment ils comptaient aider la Lybie, après l'assassinat de Kaddafi, à dépasser les rivalités entre les différentes milices et à former un Etat de droit qui puisse protéger ses citoyens, sécuriser les énormes révenues pétrolières du pays et empêcher que l'arsenal militaire du pays ne tombe dans des mauvaises mains.

Sarkozy dit qu'il a quitté le pouvoir en 2012 et qu'il ne saurait être tenu responsable des choix de son successeur. Et la continuité de l'Etat ? Cela ne change rien à ce que le président Déby a dit: "les pays qui ont détruit la Lybie en 2011 n'ont pas assuré le service après-vente". Avant d'aller destabiliser un pays étranger, qui était un pilier important de la stabilité de toute une région, il fallait s'assurer qu'on pouvait maîtriser les conséquences de cette destabilisation, d'autant que tous les pays Africains ainsi que l'Union Africaine étaient opposés à cette intervention et avaient mis en garde contre les conséquences imprévisibles.

Hélas, si on regarde l'attitude des mêmes pays arabes et occidentaux vis-à-vis de la Syrie, on se rend compte que soit ils n'ont rien appris des léçons du chao en Irak et en Lybie, soit ils se fouttent que des régions entières soient plongées dans le chao, que de centaines de milliers ou mêmes de millions de citoyens soient tués ou forcés à l'exil: ne compte que leurs intérêts financiers et déo-stratégiques. Les mêmes pays: Arabie-Saoudite, Qatar, France, Grande-Brétagne et Etats-Unis, avec selon les cas d'autres alliés qu'ils entrainent dans leurs aventures.

J'espère que le peuple français aura la sagesse de s'épargner SARKO II.

Le capitaine Guerandi Mbara