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Racisme au Maroc: comment lui tordre le coup ?

RACISME AU MAROC : COMMENT LUI TORDRE LE COU15/10/2016 | par Hermann Kenfack (Rabat, Maroc)

Il faut commencer par "bien" poser le problème.

Il me semble qu'il y a plusieurs "personnes" directement frappées par ce fléau d'un autre temps, des personnes qui sont pourtant formées pour identifier, analyser, proposer des solutions et accompagner l'opérationnalisation d'icelles dans la situation que le Maroc connait aujourd'hui avec la question cruciale du racisme (mal posée par beaucoup de sud-sahariens, mal comprise par beaucoup de nord-sahariens et mettant mal à l'aise les ressortissants des deux rives du Sahara).

Je crois que seule un travail méthodique alliant les apports de la communauté des intellectuels sud-sahariens au Maroc, les actions à saluer (mais à encadrer) des leaders de la société civile sud-saharienne au Maroc, et avec les potentiels et non-négligeables appuis qu'offrent nos partenaires nord-sahariens du Maroc (société civile, communauté intellectuelle et leaders politiques). La question du racisme est un problème qu'il faut aborder sous l'angle de la complexité : les causes du racisme étant systémique, les solutions justes aux problèmes posés par le racisme doivent être systémique. Il faut donc que toutes les forces vives de l'Afrique, présentes au Maroc, travaillent pour construire une société inclusive pour tous. Certes je n'ai pas la nationalité marocaine, mais je suis un citoyen marocain à part entière, indépendamment de la couleur de ma peau.

La différence raciale est un acquis que nous devons transformer en richesse à travers une bonne éducation humaine, culturelle et intellectuelle des citoyens Marocains. Personne n'a choisi sa race ; aucune race n'est supérieure à une autre, ni celle qui crie avoir le plus de mélanine, ni celle qui dit avoir la couleur de la lumière. Les couleurs de nos peaux sont comme les couleurs des ailles des papillons : aucun papillon n'est plus laid qu'un autre, aucun papillon ne tue un autre parce qu'il aurait des ailes colorées différemment.

Il ne faut donc pas que les structures politico-sociales et juridico-politiques se taisent sur des concepts qui peuvent créer le chaos dans un société marocaine désireuse de proclamer à mondovision son ouverture. La gifle électorale traduite par le fort taux d'abstention que la population a infligé à la classe politique (tous bords inclus) au cours des dernières consultations est la preuve d'une rupture entre la classe dirigeante et les citoyens marocains.

La constitution marocaine dans son préambule engage tous les dirigeants du pays et tous les citoyens à œuvrer activement pour "bannir et combattre toute discrimination à l'encontre de quiconque, en raison du sexe, DE LA COULEUR, des croyances, de la culture, de l'origine sociale ou régionale, de la langue, du handicap ou de quelque circonstance personnelle que ce soit". Le ton de la volonté politique est donc ainsi donné. De même, le code pénal marocain actuel dans ses articles 431-1 à 431-4 défini la conception juridique de "discrimination" (notamment en lien à l'origine et à la couleur) et prévoit des sanctions (même si leur impact dissuasif peut être jugé laxiste).

Le problème du racisme au Maroc ce n'est donc pas un manque de textes ; le racisme au Maroc est un problème du laxisme des textes existant et d'un vide total dans l'éducation. Qui doit enseigner aux marocains des couches populaires à aimer l'humain quel que soit sa couleur ? Pourquoi il n'y a aucun enfant noir dans les manuels scolaires marocains ? Pourquoi les médias à capitaux publics refusent-ils de diffuser des vidéos de campagnes de lutte contre le racisme ? Quand le roi et ses ministres déclarent être tous des Africains, peuvent-ils jurer que les CITOYENS marocains qu'ils "représentent" partagent/acceptent/comprennent leurs discours ?

Telles sont les questions que nous nous poserons.

Écrit par Hermann Kenfack, Rabat (Maroc)

Le capitaine Guerandi Mbara